Non Violence XXI est une association française qui
collecte des dons et des legs depuis 2001, dans le
but de financer des projets à caractère non-violent
et de promouvoir la culture de la non-violence au
21ème siècle en France et dans le monde

Vos Dons pour la Non-Violence

1- Mais que font les  volontaires de paix chaque jour dans les zones de conflits?

2- Le ReAct entre syndicats, solidarités internationales et actions non-violentes.

3- L’AlterJT, sera-t-il le  « 20 heures » des alternatifs !

Voir les 3 articles ci-dessous

 

1- Mais que font les  volontaires de paix chaque jour dans les zones de conflits?

Un cas de Nonviolence Peaceforce (NP)  et de  l’UCP (Unarmed Civilian Protection) (1)

Plutôt qu’un long  discours voici un exemple  très concret (2) de l’action de NP engagée depuis 2009 au Soudan du Sud  où les terribles conflits continuent malgré l’ « accord de paix » d’août 2015.

Les faits : En janvier 2012, l'état de Jonglei (Sud-Soudan) est sinistré à la suite d'affrontements tribaux massifs. La situation avait dégénéré de façon spectaculaire en conflit violent et brutal entre les Lou Nuer et les tribus Murle ; Cinq mille combattants Lou Nuer marchent sur la ville de Pibor pour des représailles. En route, les combattants brûlent des villages entiers  blessent, tuent et enlèvent de nombreuses femmes et enfants Murle. Les victimes sont évacuées vers l'hôpital de Juba (la capitale). Les patients de l'hôpital inclus deux enfants retrouvés gisant à côté de leurs mères mortes avec leurs crânes ouverts.

L’action de NP : des volontaires de NP vont à l'hôpital pour évaluer la situation alors que les menaces se poursuivent de part et d’autre. Les  combattants Lou Nuer à l'hôpital affirment qu'ils allaient  «finir le travail» et tuer les patients Murle qui, de leur côté, avaient commencé à se verrouiller à l'intérieur de leur quartier  surpeuplé. Les volontaires de NP s’engagent alors auprès des patients et du personnel hospitalier, ainsi que des représentants des différentes tribus pour assurer une présence de protection non-violente dans les différents services de l'hôpital. Ils ont également convaincu le personnel de l'hôpital de travailler de concert avec la police pour maintenir un espace de sécurité à l'intérieur de l'hôpital. Les volontaires  de NP sont restés à l'hôpital vingt-quatre heures par jour, sept jours sur sept, pendant  trois mois. Aucun incident violent ne s’est produit au cours de ces trois mois.

Ce n’est qu’un exemple parmi les nombreuses interventions des dizaines de volontaires de NP présents au Soudan du Sud (2). Les missions de NP au Soudan du Sud sont les premières missions de maintien de la paix confiées par l’ONU à une ONG non-violente. Une reconnaissance majeure de l’efficacité des méthodes non-violentes. NP est aussi intervenu au Sri Lanka, Guatemala, aux Philippines, en Ukraine, Colombie, Papouasie ; il étudie actuellement des projets sur la Syrie et la Centrafrique.

Tous les volontaires, après une sélection sévère, reçoivent une formation poussée avant de partir en mission puis sont suivis en permanence. Grâce à l’aide financière de Non-violence XXI, NP publiera prochainement son manuel de formation en français qui sera accessible gratuitement sur le net.

(1): UCP : notion qui recoupe le concept plus français d’intervention civile de paix (ICP)

(2): Retrouvez de nombreuses études de cas sur le site (en anglais) :www.nonviolentpeaceforce.org.

 

2- Le ReAct entre syndicats, solidarités internationales et actions non-violentes.

 

Le « ReAct » (Réseaux pour l’action collective transnationale) (1) agit pour combattre les abus des entreprises multinationales et de leurs filiales. Formés aux techniques non-violentes du « community organizing », ses militants présents en Europe, Asie et Afrique accompagnent les salariés et les communautés locales affectées pour faire valoir leurs droits face à ces firmes.

En voici un bel exemple de 2013 à aujourd’hui : Tout  commence avec les villageois de plusieurs pays africains et du sud-est asiatique  victimes d’expropriations de terres agricoles au bénéfice des plantations de palmiers à huile et d’hévéas appartenant à la  Socfin, une holding luxembourgeoise détenu à hauteur de 40% par le groupe Bolloré. Le ReAct va envoyer former des organisateurs dans les différents pays pour appuyer la constitution d’organisations solides capables de passer à l’action pour défendre leurs droits. Ensuite, il coordonne les actions pour obliger la tête de l’entreprise à réagir. Le 5 juin 2013, jour de l’assemblée générale des actionnaires du Groupe,  une mobilisation simultanée est organisée : Blocages non-violents au Cameroun, Occupations de terres au Libéria, marches pacifiques en Côte d’Ivoire, mobilisations malgré la forte répression en Sierra Leone et manifestation à Paris devant le siège de Bolloré : armés de râteaux et d’arrosoirs, une trentaine de villageois et membres de ReAct commencent à jardiner dans la jolie pelouse en interpelant les actionnaires :  « nous n’avons plus de terres disponibles dans nos pays, alors nous venons planter le manioc dans votre pelouse si vous n’y voyez pas d’inconvénients ». Le PDG Vincent Bolloré  sort lui-même de son AG pour demander : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? » ; Il accepte alors une négociation directe. Pour la première fois, une grande entreprise accusée d’accaparement des terres acceptait une négociation internationale avec les représentants des communautés locales. En octobre 2014, une première rencontre est organisée à Paris, mais les responsables de la Socfin se retire au dernier moment et Bolloré poursuit seul le dialogue avant de se rendre compte qu’il n’avait pas la maîtrise de son partenaire. Ce dernier  traite le conflit par les voies traditionnelles des pouvoirs politiques africains. La répression, parfois féroce, survient dès janvier 2015 au Liberia : six représentants des communautés locales sont arrêtés à la demande de la Socfin. En réaction, les communautés camerounaises, cambodgiennes et sierra léonaises  organisent des occupations de terre et des manifestations non-violentes pour demander à Vincent Bolloré de respecter ses engagements et de privilégier le dialogue à la répression :  « Bolloré a pris nos terres et maintenant notre liberté » (banderoles déployées par la communauté Bunong au Cambodge), l’usine et les plantations du Cameroun sont paralysées et ces manifestations de solidarité se poursuivent pendant des mois. Ce regain de mobilisation oblige finalement la Socfin à réagir. Des négociations sont ouvertes localement au Cameroun ou au Cambodge et le plan de route discuté lors de la négociation internationale à Paris commence à s’appliquer.  Les premières victoires (rétrocessions de certaines terres, compensations aux villageois) sont encourageantes, mais la lutte n’est pas finie. A suivre…

ReAct adopte ce qu’il appelle la méthode de l’escalier : 4 marches : organisation, puis revendication, puis action et, à la fin : négociation. Son action s’apparente à de l’action syndicale et non-violente. Le ReAct concentre son travail sur la marche inférieure de l’escalier, la première marche qui ouvre la voie aux suivantes, le travail d’organisation sans lequel aucune action n’est possible. Il est actuellement engagé, outre l’accaparement de terres par Bolloré/SOCFIN sur deux autres dossiers chauds : l’Alliance transfrontalière des salariés de B2S, entreprise de plateforme téléphonique (Maroc, Madagascar,…) et STMicroelectronics (Chine, Philippines, Maroc, Malaisie, Italie, France).

(1): Retrouvez plus d’infos sur : http://www.projet-react.org

 

 

3- L’AlterJT, sera-t-il le  « 20 heures » des alternatifs !

Savez-vous que vous pouvez regarder un JT national (1), vraiment différent ? Présentateurs, images et reportages – on se croirait au 20h de TF1 (enfin, presque ! J’exagère un peu…) et c’est du solide !

L’AlterJT a été lancé à l’automne 2014 par des militants et des professionnels de l’audiovisuel et du journalisme qui veulent parler de ce qui n’est pas aux 2h des grandes chaines ou d’en parler autrement. L’équipe est installée dans des studios à St Denis au Nord de Paris.

AlterJT est un média audiovisuel indépendant qui refuse  de laisser  le monopole de l’info télévisée aux grands médias (en général aux mains des grands patrons de l’industrie notamment de l’armement ou du nucléaire, en France). Les progrès d’Internet et la baisse du coût du matériel audiovisuel rendent désormais possible le pari de produire et diffuser une information alternative en images même avec des ressources financières très limitées. L’audience est encore modeste (1000 vues sur YouTube pour chaque JT, mais ne cesse de croître. Il est encore difficile de suivre l’actualité au jour le jour (1 à 3 JT par semaine selon les ressources disponibles), mais c’est bien l’objectif à terme. Il y a aussi quelques reportages plus longs (10 000 vues) qui donnent plus à réfléchir.

La politique éditoriale de l’équipe  se présente ainsi : « Nous nous efforcerons aussi de coller à l’actualité dominante, celle des grands médias, mais en proposant de re-contextualiser celle-ci, de montrer et dire ce que les autres ne montrent ni ne disent. Dans ce travail, nous comptons nous appuyer et rendre hommage au passage à toute la presse alternative qui joue déjà un rôle remarquable de décryptage et de contre-information, et parfois aussi d’investigation. Autant de dimensions précieuses que nous essaierons de prolonger en y ajoutant la force des images.

Voici, en vrac quelques thèmes récemment cités, mais visionnez directement sur le site (1): Action BDS contre Carrefour (1:06) ; Opération César à NDDL (4:36) ; Action Round Up Amiens ; « Merci Patron », un film qui despote !: Condamnation des ex-Goodyear (6:39) ; La saga Françafrique ; Antigone of Shatila (12:03) ; etc.

AlterJT est un journal libre qui a non seulement choisi de dénoncer les violences partout dans le monde, mais aussi de mettre  en valeur, de façon implicite, l’efficacité des actions non-violentes.

(1): Retrouvez chaque journal sur : http://www.alterjt.tv/